L’énurésie nocturne primaire isolée est la forme la plus fréquente d’incontinence chez les enfants. Si votre enfant en est atteint et que vous avez essayé sans succès d’y remédier, n’attendez pas que la situation familiale se dégrade pour consulter un médecin. Celui-ci établira un diagnostic précis et veillera à une prise en charge et à un traitement, adaptés et efficaces.
Comment se passe la prise en charge de l’énurésie nocturne primaire isolée ?
Votre enfant est atteint d’énurésie nocturne primaire isolée, aussi appelée EnPI. Alors que vous avez tenté en vain d’en venir à bout, que pourrait vous apporter une prise en charge médicale ? Le médecin est là pour établir un diagnostic et trouver une solution adéquate qui permettra le traitement de l’incontinence de l’enfant. Voici comment se déroulent les séances et ce que vous pourrez en attendre.
Comment se passent les consultations pour énurésie nocturne de l’enfant ?
Vous avez choisi de consulter votre médecin ou votre pédiatre pour lui faire part des difficultés rencontrées quant à la propreté nocturne de votre enfant. Il va procéder à un examen clinique et poser de nombreuses questions telles que :
- L’enfant a-t-il connu une période de six mois consécutifs de continence ?
- S’il y a une fratrie, celle-ci a-t-elle été touchée par de l’énurésie ?
- Qu’est-ce qui a été mis en place par la famille pour y remédier ?
- Existe-t-il d’autres problèmes annexes (douleur à la miction, troubles du sommeil…) ?
Cela lui permettra de comprendre la situation dans son ensemble et détecter s’il y a ou non un trouble associé, qu’il faudra traiter par ailleurs. D’autres causes peuvent venir perturber la continence de l’enfant : un trouble de l’attention et d’hyperactivité (TDAH), un trouble du sommeil ou encore une infection urinaire.
Comment sera prise en charge l’énurésie de l’enfant ?
Le médecin que vous avez décidé de consulter suite à l’énurésie nocturne de votre enfant devra adapter le traitement à son cas particulier. L’auscultation et le questionnaire lui permettront d’orienter ses prescriptions vers différents types de prises en charge.
En premier lieu, il proposera la mise en place de mesures hygiénodiététiques et éducatives. Celles-ci peuvent consister par exemple à :
- Réguler les apports en eau au cours de la journée.
- Veiller à ce que l’enfant fasse son « pipi du soir » avant de se coucher.
- Soutenir, rassurer et encourager l’enfant quant à sa capacité de devenir continent.
- Tenir un calendrier des nuits sèches et mouillées.
Ces mesures devront faire l’objet d’un suivi auprès du médecin afin d’en assurer le maximum d’efficacité. Si elles sont bien suivies par l’enfant et la famille, elles permettront à 20 % des patients de guérir dans les 8 semaines.
En second lieu, si ces mesures ne suffisaient pas à traiter l’EnPI, le médecin a la possibilité, si l’enfant a plus de six ans, de lui prescrire un traitement médicamenteux.
Le traitement privilégié est la desmopressine. Il a un taux de réponse positive de 60 à 70 % au bout de 6 mois.
Le médecin n’aura recours à l’oxybutynine que si le premier traitement se révélait insatisfaisant, et uniquement pour les enfants à faible capacité vésicale. L’oxybutynine permet aux muscles de la vessie de se distendre et ainsi d’augmenter sa capacité.
Enfin, il existe le stop-pipi, un système d’alarme sonore qui peut également compléter les mesures déjà en place. Il s’agit d’un petit appareil relié à une sonde. Dès qu’une goutte s’y dépose, l’alarme réveille l’enfant qui devra alors se lever pour aller aux toilettes.
Aider le traitement du médecin en motivant l’enfant à vaincre son incontinence
Le succès du traitement prescrit par le médecin est intrinsèquement lié au degré de motivation de l’enfant. Il est donc primordial de veiller à ce qu’il soit encouragé. Si l’enfant donne des signes de désengagement, il peut être judicieux de se tourner vers une thérapie de la motivation pour l’aider au mieux et lui donner envie de s’y investir.
Quelques mots sur l'auteur :
Pr. Haab
Cet article a été rédigé en collaboration avec le comité scientifique de Sphère Santé, composé de médecins spécialisés en urologie et en chirurgie.
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Date de publication : 26/12/2021
Cet article ne remplace pas le diagnostic de votre médecin. Si vous souffrez d'incontinence, consultez votre médecin traitant ou un médecin spécialiste urologue ou gynécologue